Office fédéral de la justice

Les femmes doivent être mieux représentées dans l'économie

Hommage aux pionnières organisé par l'Office fédéral de la justice

Communiqués, OFJ, 24.05.2011

Berne. Dans une allocution prononcée à l’occasion de l’hommage aux premières juristes femmes organisé par l’Office fédéral de la justice, Mme Simonetta Sommaruga, conseillère fédérale, a formé le vœu de voir davantage de femmes parmi les cadres supérieurs des entreprises. Il importe, selon ses termes, qu’il y ait un changement de tendance marqué dans le secteur privé.

La cheffe du Département fédéral de justice et police a souligné qu’elle doit l’honneur de s’exprimer à cette occasion en tant que conseillère fédérale au combat acharné qu’ont mené les premières femmes juristes pour mener la Suisse sur la voie de l’égalité des sexes. Dans presque tous les domaines du droit, les femmes sont aujourd’hui les égales des hommes ; beaucoup de chemin a été parcouru dans le domaine politique et dans la vie quotidienne. Il importe, par contre, que la position des femmes prenne son essor dans le secteur privé, où elles ne représentent que 7 % des cadres supérieurs. Mme Sommaruga a insisté sur l’importance d’un accord entre les milieux politiques et économiques pour adopter une démarche permettant aux femmes ayant une bonne formation de faire bénéficier la société de ce potentiel. Comme elle l’a rappelé, les entreprises dirigées par des équipes mixtes sont en effet plus performantes que celles dont la direction est exclusivement masculine – signe d’une recette efficace au plan économique.

Après le zoom arrière de Franziska Rogger, qui a retracé l'histoire des premières femmes juristes, Elisabeth Kopp a, dans son allocution, rappelé qu'à l'origine elle aurait souhaité devenir juge des mineurs et que sa trajectoire n'a pas obéi à un plan de carrière. L'introduction du droit de vote des femmes lui a ouvert des perspectives complètement nouvelles. « La vie m'a appris que l'important n'est pas ce que l'on fait, mais comment on le fait. Et qu'on ne peut atteindre des résultats que si l'on reste crédible », a souligné l'ancienne conseillère fédérale.

De la théorie à la pratique

Rudolf Wyss, directeur suppléant de l'OFJ, a passé en revue les longues années qu'il a passées au DFJP. Pendant les années 70, les femmes occupaient essentiellement des postes de secrétaires et de documentalistes, se souvient-il. Aujourd'hui, l'Office fédéral de la justice compte un pourcentage de femmes particulièrement élevé, plus de 56 %. Cette évolution doit beaucoup à l'action de deux anciens directeurs de l'office, Joseph Voyame et Heinrich Koller, qui n'ont pas uniquement consacré leur énergie à préparer de nouvelles dispositions constitutionnelles sur l'égalité ou à dépoussiérer le code civil, mais ont aussi su transposer la théorie dans la pratique.

L'Office fédéral de la justice a toujours eu une longueur d'avance, par exemple dans la promotion des postes à temps partiel, pour les femmes comme pour les hommes, confirme Colette Rossat-Favre, déléguée à l'égalité des chances de l'OFJ.

L'actuel directeur de l'OFJ, M. Michael Leupold, souligne quant à lui qu'il nous appartient de réfléchir en permanence à la question de savoir si notre société est suffisamment ouverte et si les êtres humains sont suffisamment libres. « Les notions d'égalité, de justice et de liberté ne sont pas des notions figées. Elles ne concernent ni seulement les femmes, ni seulement les hommes, elles nous concernent tous ».

Aussi nouveau qu'audacieux

L'année 2011 est, en matière d'égalité, une année de célébrations: 40 ans de droit de vote des femmes et 30 ans d'article constitutionnel sur l'égalité entre hommes et femmes. L'Office fédéral de la justice, qui compte depuis plusieurs années une majorité de femmes, saisit cette occasion pour rendre hommage aux pionnières parmi les femmes juristes.

Emilie Kempin-Spyri, première Suissesse à être devenue juriste, a obtenu son titre en 1887. Parce qu'elle était une femme, l'accès à la profession d'avocat lui a été refusé. En 1887, le Tribunal fédéral la déboutait de son recours en jugeant que son interprétation de l'art. 4 de la Constitution fédérale - interprétation selon laquelle « tous les Suisses sont égaux devant la loi » impliquait aussi l'égalité entre hommes et femmes - était « aussi nouvelle qu'audacieuse ». Il faudra attendre encore onze ans pour que, en 1898, le canton de Zurich adopte, le premier en Suisse, une nouvelle loi ouvrant également aux femmes la profession d'avocat. Trop tard pour Emilie Kempin-Spyri. Usée par ses combats et hospitalisée depuis 1897, elle meurt en 1901 à Bâle.

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Colette Rossat-Favre, Office fédéral de la justice, T +41 31 322 41 66, Contact